Journal de Lutte, 2 avril 2018

Demain, 3 avril 2018, la grève des cheminot-e-s en réponse au projet de « réforme » de la SNCF porté par le gouvernement, va débuter, et avec lui, la perspective d’une lutte longue (la grève est prévue pour durer jusqu’au mois de juin), et sans doute décisive.

Le but de ce journal est donc de tenir une chronique des événements des prochains mois, à toutes fins utiles (analyse ultérieure, archivage de tracts, ressource historique)…

Nous allons essayer de faire rapidement un rappel du contexte social dans lequel cette lutte va se dérouler.

Un mouvement étudiant d’ampleur contre la réforme de l’université

Dans de nombreuses universités, Montpellier, Toulouse, mais aussi à Bordeaux, Lille, Nancy, Nantes, Rouen, Paris-I Panthéon Sorbonne (site de Tolbiac),   Strasbourg… pour n’en citer que quelques unes, un large front étudiant s’oppose à la réforme de l’université, notamment à la sélection, promulguée par la loi Orientation et Réussite des Étudiants début mars, mais aussi symbolisée par la plateforme « Parcoursup », successeur d’APB (Admission Post-Bac).

À Toulouse, c’est aussi une opposition à la fusion entre deux universités de la ville.

À Montpellier, une évacuation violente par des hommes cagoulés, dans la nuit du 22 au 23 mars, avec la complicité apparente du doyen, a provoqué sa suspension et la participation de professeurs à cette violence, a contribué à durcir le mouvement.

D’un côté, la solidarité n’a pas tardé à se manifester, venant de tous les mouvements étudiants. D’un autre, la résurgence de la violence venant de groupuscule d’extrême-droite est un signal alarmant qui en dit long sur les clivages qui traverse le pays. Notons deux autres agressions fascistes sur des étudiant-e-s et lycéen-ne-s à Lille et Strasbourg la semaine dernière.

La bataille des chiffres fait rage, entre les présidents d’université qui tentent de minimiser le mouvement et les organisations étudiantes qui argumentent dans le sens contraire; mais il est indéniable que les AG dans les universités mobilisées rassemblent parfois 1500 personnes.

Une première mobilisation importante le 22 mars, avec une grève rassemblant de nombreux secteurs.

De nombreux défilés ont eu lieu dans tout le pays, rassemblant sans doute pas loin d’un demi-million de personnes.

L’attaque du gouvernement envers les cheminot-e-s, suite au rapport Spinetta.

Se servant de prétextes divers et variés pour masquer son véritable projet (la privatisation et la mise en concurrence du service public de transport sur rail), le gouvernement préconise la destruction du statut des nouveaux-elles cheminot-e-s (pour casser la solidarité), en promettant des investissements dans les infrastructures.

Surtout, c’est une attaque frontale sur l’un des derniers et des plus importants bastions syndicalistes français, qui a fait reculer le gouvernement plus d’une fois,  notamment lors de la grève de 1995.

En réponse, l’intersyndicale a annoncé une grève perlée, de deux jours par semaine, jusqu’au mois de juin.

À noter que Sud Rail a quant lui annoncé, le 23 mars, une grève illimitée et reconductible 1

Une grève quasiment historique dans la grande distribution.

Samedi 31 mars, de nombreux magasins Carrefour ont du fermer les portes suite à l’installation de piquets de grève. Les grévistes ont voulu taper fort en choisissant de faire la grève le week-end de Pâques, un des plus lucratifs de l’année pour l’enseigne.

Ce mouvement a fait suite à l’annonce par Carrefour d’un plan de licenciement de quasiment 5000 personnes, ainsi que la division par 10 des primes d’intéressement (de 600 euros à un peu moins de 60).

Une mobilisation qui prend aussi appui sur les réseaux sociaux.

Le hashtag # lancé dans l’après-midi du 1er avril, est en tête des tendances sur Twitter, sans que pour l’instant, les médias ne semblent le remarquer. Mais c’est l’occasion de relayer les appels de solidarité, notamment les différentes caisses de grèves ouvertes :

Des signes de faiblesse ?

Le projet de réforme, qui devait être adopté par ordonnance, passera finalement par le parlement, a annoncé la ministre des transports le 30 mars, en réponse à une mobilisation grandissante.

  1. https://www.huffingtonpost.fr/2018/03/23/greve-sncf-finalement-sud-rail-depose-un-preavis-pour-une-bonne-vieille-greve-reconductible-a-la-sncf_a_23393794

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