Journal de lutte, 15 avril 2018

Les mensonges de l’État au sujet des privatisations

Un article des Échos relate comment l’État pourrait devenir minoritaire dans le capital de la Poste, alors même que celui-ci fait la promesse que ce ne sera jamais le cas pour la SNCF. Or, non seulement, l’histoire nous apprend que les responsables politiques ne tiennent jamais parole,  mais en plus, il est relativement prévisible que les promesses faites par le gouvernement Macron n’engageront aucunement son successeur, qui pourra à nouveau agir à comme bon lui semble. Quand bien même, comme un amendement rapidement refusé le demandait, la détention du capital de la SNCF par l’État serait inscrit dans la loi, celle-ci serait modifiable à volonté par le futur gouvernement. Mais même cette garantie fantoche n’a pas été accepté par le pouvoir, dont on peut donc penser qu’il a déjà, lui-même, l’intention de revenir sur ce qui ne reste de vagues promesses de ne pas privatiser.

Les routiers prêts à rejoindre le mouvement de grève ?

Selon un article relayé par Anti-K, la CFDT, qui est le syndicat majoritaire des routiers, aurait voté une motion pour aider et soutenir le mouvement des cheminots. Une nouvelle excellente, si elle se confirme, pour l’ampleur du mouvement, qui augmenterait de beaucoup son impact, avec des conséquences importantes sur l’économie.

La Poste déboutée au tribunal

L’acharnement de la Poste pour licencier un représentant syndical, Gaël Quirante, a fini par être stoppé par la justice. On apprenait sur la page Facebook de SUD Poste 92 que le tribunal avait tranché en sa faveur, lui permettant de continuer à exercer son mandat.

20 000 personnes sur la ZAD ce week-end

Selon ses occupant-e-s, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes a un pouvoir fédérateur presque « magique », qui arrive à rassembler nombre de soutiens sur le lieu même de la lutte.1 L’Etat a tenté de limiter cet élan populaire de soutien à la ZAD en instaurant nombre de barrages policiers voire de fouilles aux alentours de la ZAD. Mais cela n’a pas empêché des milliers de personnes (15 000 à 20 000 personnes) répondant à l’appel à converger vers la ZAD2 de participer à des reconstructions en différents points et à la défense du site : on a pu voir de nombreux soutiens solidaires accompagner les tracteurs transportant une nouvelle charpente à installer, fabriquée avec du bois de la ZAD par des charpentier-ère-s solidaires, d’autres tentant de reconquérir des zones occupées par les forces de l’ordre. La ZAD est un lieu d’expérimentation, qui promeut des alternatives intéressantes à explorer, qui dépassent le simple rejet du projet d’aéroport : elle est un symbole de systèmes alternatifs autour desquels organiser notre société. C’est ce projet de rupture avec la société existante que défendent zadistes, militant-e-s et soutiens de la ZAD.

Une réforme des institutions pour encore plus d’autoritarisme

Selon plusieurs sources encore payantes, 3 et 4, l’avant projet de réforme institutionnelle  détaillerait un ensemble de mesure pour réduire encore le pouvoir du parlement, déjà largement rendu inutile car dominé par le parti qui détient l’exécutif. Plus de rapidité dans les réformes, moins d’amendements, de navette… Il n’est pas surprenant de voir le pouvoir prôner la rapidité quand il s’agit de réforme profitant à la classe bourgeoise, et la stabilité et le temps long quand il s’agit de le remettre en question via des élections ou des référendums.

Frappes aériennes sur la Syrie : On trouve toujours de l’argent pour la guerre

Les événements de ce type nous ont semblé hors du périmètre de ce journal des luttes. Cependant, il n’est pas inutile de remarquer que ces interventions ont un coût faramineux pour les finances du pays – chaque missile coûte 2.86 millions d’euros. On nous répond qu’ils ont été réalisés pendant le mandat des anciens présidents. C’est nous prendre pour des idiots, car en ce moment même, les industriels de l’armement, sont en train de mettre au point ceux qui serviront dans les dix prochaines années.

Une manifestation contre la loi Asile-Immigration

Ce dimanche à Paris avait lieu devant l’Assemblée Nationale une manifestation d’opposition à la loi Asile-Immigration portée par la majorité (sauf un député, ancien EELV, qui votera contre le texte).5 Cet événement, le deuxième6 de ce type contre cette loi, a été initié par l’association BAAM, Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrant-e-s, puis suivi et relayé par d’autres associations d’aide aux populations exilé-e-s ainsi que des organisations syndicales et politiques.

Rappelons que ce projet de loi marque un net recul dans la considération de l’Etat envers les personnes étrangères, avec notamment :

  • Un durcissement des conditions d’obtention de titres de séjour pour les exilé-e-s. En effet, les procédures sont complexifiées et voient leur délais raccourcis, sabotant ainsi l’accompagnement des associations auprès des migrant-e-s, qui était déjà limité du fait du manque de moyens accordés aux associations. Notons également la systématisation des interdictions de territoire suite à un refus de titre de séjour.
  • Un durcissement des conditions de vie des populations étrangères en exil, particulièrement avec l’allongement de la durée de rétention administrative, pas d’amélioration pour l’accès au soin, toujours pas d’interdiction d’enfermer des enfants (rappelons ce chiffre : 300 enfants enfermé-e-s en centre de rétention en 2017) et pas de régularisation de la répression accrue en outre-mer (Mayotte, Guyane).
  • Pas d’abandon du délit de solidarité. Si l’Etat ne semble pas décider à aider les personnes migrant-e-s, les citoyen-ne-se mobilisent et mènent des actions pour aider ces populations. Cependant, des bâtons leur sont fréquemment mis dans les roues par l’administration, empêchant un travail efficace dans certaines régions, notamment aux frontières. Quelle ironie d’entendre le gouvernement prétendre allier « humanité » et « fermeté » quand des citoyen-ne-s sont condamné-e-s pour avoir porté assistance à des personnes migrantes.

Pour mieux comprendre la loi Asile-Immigration, vous pouvez vous référer aux brèves vidéos explicatives de la Cimade qui exposent rapidement les tenants et aboutissants de cette loi, à travers les effets qu’elle va entraîner sur les populations exilé-e-s.

  1. https://zad.nadir.org/spip.php?article5554
  2. https://zad.nadir.org/spip.php?article5465
  3. http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/04/14/le-plan-de-macron-pour-reduire-les-pouvoirs-du-parlement_5285351_823448.html
  4. https://www.contexte.com/article/pouvoirs/une-reforme-institutionnelle-au-seul-benefice-de-l-executif_85691.html
  5. https://www.facebook.com/events/155896078422563/
  6. Le premier événement

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