Journal de Lutte, 17 avril 2018

Sur la ZAD de NDDL, un retour aux discussions ?

Les représentants de la ZAD vont rencontrer les autorités demain mercredi, pour discuter du futur. Plusieurs points seront évoqués, comme l’ultimatum du 23 avril (irréalisable), le caractère collectif et non individuels de certains projets,…

C’est le pouvoir qui cherche à calmer le jeu et le retour à un calme relatif, afin de ne pas perdre la face devant l’immense soutien qu’à réçu la ZAD le week-end précédent.

La CGT appelle les conducteurs de métro à la grève

Le syndicat appelle les agents à rejoindre le cheminots dans le mouvement de grève, le 19 et 20 avril1. Il appelle également à la tenue d’une assemblée générale devant le siège de la société pour décider de la suite à donner au mouvement.

La mobilisation étudiante continue

Hier soir on faisait état de plus de la moitié des 71 universités françaises bloquées au moins en partie, sans doute un des mouvements les plus importants depuis au moins 10 ans.

Dans le même temps, les difficultés du logiciel de gestion des affectations, ParcourSup, sont révélées par différents témoignages, et certaines universités ont décidé de ne pas tenir compte des lettres de motivations pour classer les étudiants, par exemple, à Rouen, dans ce communiqué.

L’Université de Rouen Normandie défend également le principe fondamental de libre accès à l’enseignement supérieur. Pour la prochaine rentrée 2018, les capacités d’accueil ont été accrues. L’établissement entend assumer ainsi ses responsabilités de service public ouvert à tous et faire de la réussite étudiante sa priorité.

La réforme de la SNCF votée en première lecture à l’assemblée

Sans surprise, le texte présenté par le gouvernement a été adopté dans l’urgence par le parlement, à une large majorité, celui-ci qui prouvant une fois de plus son inutilité, même en tant que semblant de contre pouvoir, et surtout, son positionnement bien à droite de la boussole politique;

On mesure l’hypocrisie d’un gouvernement qui parlait de discussions, alors qu’il n’a jamais eu l’intention de changer une seule ligne de son projet. Il va maintenant rentrer dans la seconde phase de la communication en disant que les grèves et manifestations n’ont plus aucun sens maintenant que la loi est votée.

Pour l’ouverture réelle à la concurrence, si tout se déroule comme prévu, elle s’étalera sur plus de vingt ans; le pouvoir a prévu d’abord de se débarrasser de tout pouvoir revendicatif dans le secteur du transport.

Pendant ce temps, le montant cumulé des cagnottes de soutien à la grève des cheminots atteint presque 900 000 euros. Les organisateurs de la caisse la plus importante espèrent atteindre le montant symbolique d’un million d’euros avant la fin du mois.

La grève des cheminots reprend pour deux jours à partir de demain

Avec des chiffres de grévistes qui se maintiennent aux alentours des 30% dans la partie indispensable à la navigation, la mobilisation ne faiblit pas vraiment, comme aimerait pouvoir le dire le pouvoir. La SNCF continue d’annoncer des niveaux de services assez faibles, et en tenant compte des remplacements par des autocars sur certaines lignes, qui sont très loin de fournir un service équivalent en terme de rapidité et de capacité.

Le gouvernement s’attaque aussi au fret ferroviaire

La formule d’Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD Rail résume bien le mode d’action du gouvernement : « Ce gouvernement est complètement décomplexé. Il accumule les sujets sensibles en masse en se disant qu’il y en a bien un qui va passer. » En effet, un filialisation de la branche fret de la SNCF a été annoncée hier.2 Concrètement, il s’agit d’une nouvelle provocation directement à l’encontre des cheminot-e-s. Lors du passage en filiale, tous les acquis sociaux des travailleur-se-s de l’entreprise sont remis à zéro. Le gouvernement s’enlise dans son projet de destruction du statut, alors il tente de nouvelles méthodes pour restreindre les droits des cheminot-e-s. C’est une nouvelle fuite en avant de l’exécutif, qui dépèce peu à peu le transport ferroviaire français.

Neuvième journée de grève à Air France

La proposition de la direction, qui tient jusqu’à vendredi, ayant été repoussée par les syndicats, la grève se poursuit et contraint Air France a annuler 30% de ses vols demain. Une nouvelle qui vient conforter la reprise de la grève mercredi par les cheminots.

Le quartier du Mirail à Toulouse s’enflamme

Depuis dimanche soir, des affrontements opposent des habitants du quartier toulousain aux forces de la police, sans qu’on en connaissent pour le moment l’origine exacte.

Le harcèlement policier dans cette zone se fait depuis longtemps. La faculté du Mirail, qui « souffrait » de la mauvaise réputation accolée à ce nom, s’est récemment renommée Jean-Jaurès, malgré l’opposition des étudiants et du personnel de l’université. L’ancien nom perdure. En effet, la station de métro devant la fac s’appelle « Mirail Université » et il existe déjà une station Jean Jaurès. Donner à tout les coins de Toulouse le nom de Jean Jaurès, pour tenter de se débarrasser du passé populaire, est une intention absurde qui n’a aucun sens et qui démontre, dans le cas présent, le snobisme ridicule de ses dirigeants.

Le premier ministre Trudeau est venu vendre le CETA aux députés

Jouant sur son image jeune et sympathique, le premier ministre canadien est venu chanter les louanges de l’accord de libre-échange qui va ouvrir la porte à encore plus de concurrence sur des secteurs qui n’en ont vraiment pas besoin. La stupidité du commerce international, c’est l’enrichissement des intermédiaires totalement improductifs et fortement polluants, sans valeur ajoutée pour la population. Par exemple, on parle de la possibilité pour une entreprise française d’aller vendre des bonnets aux canadiens. Est-il vraiment utile de faire traverser l’Atlantique à du textile pour vendre une marque dans un pays où la température est régulièrement en dessous de zéro ? Visiblement, la question écologique est toujours mise de côté devant les intérêts économiques.

D’autre part, au-delà des arguments plus ou moins pittoresques concernant le sirop d’érable, le CETA représente la possibilité pour des tribunaux arbitraux de forcer les états à renoncer à des législations qui porteraient atteinte à leurs profits. En cette matière, il faut rappeler que le Canada est encore le plus gros producteur d’amiante au monde, en débit du caractère toxique de cette matière, avérée depuis le début du 20e siècle. Chaque pays a ainsi son produit toxique à exporter, et certaines entreprises françaises n’attendent certainement qu’une occasion pour aller empoisonner les canadiens afin d’augmenter leurs profits.

  1. https://www.lci.fr/societe/apres-les-trains-les-metros-bloques-les-agents-de-la-ratp-appeles-a-faire-greve-jeudi-19-et-vendredi-20-avril-2084770.html
  2. http://m.leparisien.fr/amp/economie/sncf-le-fret-risque-de-durcir-le-mouvement-des-cheminots-17-04-2018-7667874.php?__twitter_impression=true

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