Journal de lutte, 22 avril 2018

Une grève longue à la SNCF pour essouffler le gouvernement

Face à un gouvernement fermé à toute négociation, les 4 principaux syndicats représentatifs de la SNCF – CGT, SUD, UNSA, CFDT – plaident pour une grève s’inscrivant dans la durée afin de le faire plier.1 L’intersyndicale a demandé à rencontrer directement le premier ministre, tête pensante de la réforme de la SNCF, une demande rejetée par l’intéressé. Une provocation supplémentaire qui s’ajoute aux annonces effectuées en cours de route comme la filialisation du fret par exemple. Pour le trio CGT-UNSA-CFDT, une prolongation du calendrier de grève est même envisagée en réponse à l’entêtement de l’exécutif tandis que SUD Rail appelle toujours à une grève illimitée reconductible. Malgré cette divergence à propos de la méthode à adopter, les 4 syndicats sont toujours unis face à la réforme comme le rappelle Bruno Poncet, secrétaire fédéral SUD Rail, qui glisse également qu’il voit ses camarades cheminot-es « se radicaliser » (il pense peut-être à la grève illimitée reconductible appelée par son syndicat). Dans tous les cas, les cheminot-es se disent prêt-es à continuer la grève sur le long terme.

La RATP pourrait concurrencer la SNCF

L’entreprise publique chargée des transports franciliens (qui a un statut d’EPIC – pour le moment) a annoncé sa potentielle candidature à l’exploitation des Trains Express Régionaux (TER) en France.2 La RATP est déjà présente sur le réseau ferroviaire francilien sur lequel elle fait rouler ses RER et ses métros (en réseau propre), en France grâce à des parts dans plusieurs réseaux urbains à travers le pays – par exemple à Annemasse, La Roche-sur-Yon, Bourges ou Aix-les-Bains, au total 10 agglomérations hors Ile-de-France – mais aussi à l’étranger avec ses filiales présentes dans une dizaine de pays. Des projets d’investissements à l’étranger sont déjà lancés comme les futurs métros à Doha et Lusail au Quatar ou en cours de réponse à des appels à projet comme récemment à Toronto. Pour l’instant, la RATP – l’entreprise mère – reste une EPIC et est donc à 100% publique, mais sa filialisation progressive par ses nombreux partenariats avec des acteurs privés en France ou à l’étranger témoigne d’une privatisation rampante de l’entreprise, qui subira probablement le même sort que la SNCF un jour et si ce n’est pas sous Macron, le gouvernement suivant s’en chargera, la RATP elle aussi a des dettes qui seront utilisées contre son statut public quand les décideurs le voudront. En tout cas, la RATP est déjà habituée à la logique concurrentielle et a déjà incorporé les logiques managériales et de rentabilité à son fonctionnement, telle une entreprise privée.

Cependant, cette privatisation rampante n’est que partielle, et la RATP est bien publique. A ce titre, elle va semble-t-il se porter candidate à l’exploitation des TER après l’ouverture à la concurrence décidée lors de la réforme de la SNCF, et concurrencerait donc la SNCF, une autre entreprise publique. Une sacrée dissonance cognitive s’immisce ainsi dans le débat : comment l’Etat peut-il mettre en concurrence directe 2 entreprises publiques, qui plus est avec des statuts différents ? (Des entreprises publiques voient parfois leurs activités se recouper, mais jamais dans une situation concurrentielle de marché ouvert) La situation peut paraître invraisemblable, et pourtant, c’est bien ce que semblent esquisser les annonces récentes de la RATP.

Un weekend de coordination(s) étudiante(s) à Paris 8

Deux coordinations nationales du mouvement étudiant se tenaient dans les murs de Paris 8 ce weekend : la Coordination Nationale Etudiante (CNE) et la Coordination Nationale de Lutte (CNL). La première rassemblait des mandaté-es des différentes AG de mobilisation des facs de France tandis que la deuxième était ouverte à tout-e étudiant-e mobilisé-e sans mandatement préalable en AG locale.

Du côté de la CNE, on peut déjà noter une première victoire à savoir l’absence de noyautage massif pour la première fois depuis la première CNE de cette lutte. Les mandaté-es n’ont toujours pas fait leurs retours à leurs AG d’origine, nous mettrons à jour l’article avec les décisions de la CNE, notamment au niveau des dates.

La CNL quant à elle prévoyait dans son programme des discussions autour des occupations, de la répression, de l’antiracisme et notre place dans la lutte pour le samedi et des ateliers plus pratiques autour de la mobilisation le dimanche (actions pratiques et moyens de lutte en général). Un communiqué a également été publié pour condamner l’intervention policière violente d’expulsion de Tolbiac survenue vendredi, avec un appel à rejoindre la CNL pour continuer la lutte.

Un concert en soutien aux grévistes de Ford

Hier soir, un concert a été organisé à Blanquefort, pour soutenir la mobilisation contre la fermeture de l’usine. Lavilliers, Alexis HK et Didier Super étaient de la partie. Les personnes présentes ont pu participer à un débat avec Philippe Poutou et les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

Les négociations entre l’État et Ford se poursuivent sur le site où 900 emplois sont menacés. Les salariés en lutte prévoient de défiler à Bordeaux mardi 24 avril.

À Air France, la direction compte sur la consultation

En mettant en place une consultation (et non un referendum d’entreprise au sens des ordonnances Macron) entre le 26 avril et début mai par voie électronique, la direction a déjà montré qu’elle cherche à gagner du temps. Les grévistes, eux, prévoient déjà de nouveaux préavis et le résultat de la consultation (bien que le nombre de gréviste soit faible) n’est pas du tout acquis.

Pendant ce temps, la grève fait son effet et l’entêtement de la direction continue de porter préjudice au chiffre d’affaires, quoiqu’on ne puisse pas vraiment accorder de valeur probante aux chiffres qu’elle fournit.

 Grève dans le service Vélib’

Voilà une confirmation que la privatisation est un choix idéologique aberrant : après la reprise du service (déjà assez pitoyable) de Decaux par une entreprise encore moins cher, le service est devenu catastrophique: imaginons, ce ne sont que des vélos ! ce que ça pourrait donner pour des trains de plusieurs centaines de tonnes.

La bonne nouvelle, c’est que les salariés ne se sont pas résignés à en faire les frais et se sont mis en grève3:

Les salariés de Smovengo, en charge de la régulation des Vélib’, réclament des hausses de salaires, notamment pour leurs heures de nuit majorées de seulement 10 %, et de meilleures conditions de travail.

Les égoutier-ères strasbourgeois-es se mobilisent

Iels sont parmi les travailleur-ses avec les pires conditions de travail qui soient. En effet, les égoutier-ères sont sans cesse sous terre à faire la maintenance matérielle et sanitaire d’un réseau complexe mais d’une importance vitale pour le confort de nos sociétés modernes. De fait, leur espérance de vie est de 17 ans plus faible que celle de la moyenne française. L’Union Locale de la CGT à Strasbourg a décidé de se faire entendre alors que l’administration et les collectivités font la sourde oreille depuis trop longtemps aux revendications des égoutier-ères qui exigent des négociations autour de leur temps de travail et de leurs conditions salariales. 4

Les identitaires ont quitté le col de l’Echelle

Génération Identitaire a quitté le col de l’Echelle où l’organisation fascisante menait depuis hier matin une opération anti-migrant-es aux caractères racistes et xénophobes aux allures de véritable traque. Elle est semble-t-il repartie sans avoir fait face à un-e seul-e migrant-e tenant de traverser la frontière. S’il faut se réjouir qu’aucun incident impliquant des exilé-es tenant de rejoindre la France, pas question de minimiser l’opération de Génération Identitaire, qui n’est pas un simple coup de communication comme le prétendent des twittos libéraux sans aucune décence (Nicole Belloubet utilise d’ailleurs la même justification pour les député-es FN qui votent en faveur de la loi Asile-Immigration). Dans tous les cas, l’échec de l’opération de GI contraste avec leur discours qui dénonce une invasion migratoire en France. Rappelons que tous les chiffres relatifs aux populations exilé-es arrivant en France sont accessibles sur tous les sites statistiques (INSEE, Banque Mondiale, etc …).

  1. http://www.liberation.fr/societe/2018/04/22/sncf-les-syndicats-de-cheminots-parient-sur-la-duree-pour-gagner_1645114
  2. http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/la-ratp-songe-a-concurrencer-la-sncf-sur-les-lignes-ter-1425128.html
  3. http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/paris-alfortville-quatrieme-jour-de-greve-des-salaries-de-velib-20-04-2018-7674669.php
  4. http://la-feuille-de-chou.fr/archives/98849

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