Journal de lutte, 23 avril 2018

Un projet de loi sur le chômage présenté dans la semaine

Un article de France-Culture parle d’un projet de loi, qui devra être présenté dans la semaine, concernant l’assurance chômage; comme on peut s’y attendre, c’est la chasse aux chômeurs qui est ouverte, avec toujours plus de prétexte pour radier les travailleurs en recherche d’emploi; il s’agit de mettre la responsabilité du chômage sur les individus (et non sur le système), en les forçant à accepter n’importe quelle proposition, sous peine de radiation. Le but ? Envoyer des signaux toujours plus flagrant à la droite, et si possible la plus réactionnaire, toujours prête à accuser les chômeurs de leurs propres malheur.

Un rassemblement aura lieu mercredi 25 avril – le jour de la présentation de la loi au conseil des ministres -à 14h devant le siège de l’Unedic à Paris.1

Mobilisation dans les universités : un recensement

Les données sur la mobilisation venant des étudiants font l’inventaire des universités touchées :

Implantation de l’extrême-droite à Lyon

Il n’est un secret pour personne que la ville de Lyon, longtemps dirigée par le présent ministre de l’intérieur, est devenu sans doute l’endroit le plus infesté par l’extrême droite. Cette vague brune continue et solidifie son implantation, via l’ouverture d’une école de sciences politique, comme l’explique cet article de Rebellyon. Après les actions des fascistes dans les Alpes ce week-end, où ils nous ont montré l’étendu de leur moyens, le seuil d’alarme est largement dépassé.

L’occasion pour nous de mentionner le très bon dossier du journal CQFD à propos du Bastion Social dans son édition d’avril.

La baisse des APL n’a pas eu d’impact sur les loyers

Il fallait s’y attendre : en absolue position de force, les propriétaires fonciers s’enrichissent toujours plus. Un article de Bastamag donne quelques chiffres pour se rendre compte de l’étendue des dégâts.

De 1978 à 2009, le total des profits liés aux activités immobilières a été multiplié par 3,5. Alors que le PIB progressait de 14 %, la masse des profits de 17 %, les profits immobiliers engrangés par les entreprises ont gagné 90 %. Énormément d’argent donc, amassé sur le dos des locataires et par spéculation, en laissant les plus fragilisés à la rue. Aujourd’hui, 4,2 millions de personnes consacrent plus de 40 % de leurs revenus pour se loger.

Un projet de loi en préparation sur le sujet veut instaurer un bail mobilité, d’une durée de 10 mois. Encore plus de précarisation pour les faibles revenus, et toujours plus de droits pour l’exploitation immobilière. Nous parlions un peu plus longuement des dispositions prévues dans la loi ELAN dans notre Journal de lutte du vendredi 20 avril.

Occupation du siège du fret de la SNCF

Les syndicats de cheminot-es ont occupé le siège du fret de la SNCF situé à Clichy.2 Cette action s’inscrit dans la large mobilisation cheminote en cours et répond notamment au projet de filialisation du fret ferroviaire de la SNCF annoncé lundi dernier par le directeur du service.

La direction de la SNCF s’adapte à la grève

Comme on pouvait s’y attendre avec un calendrier de grève clairsemé et prévu à l’avance, la direction s’y est adaptée.3 SUD Rail soulignait déjà cette éventualité depuis le début du mouvement cheminot, appelant à une grève illimitée reconductible contrairement au trio CGT-UNSA-CFDT. Pourtant, les directions des syndicats réformistes ont toujours rejeté cette option, pourtant bien acceptée sur le terrain. Dans tous les cas, la mobilisation cheminote ne faiblit pas et va probablement se prolonger après le mois de juin comme nous le mentionnons hier. Reste à voir si elle prendra toujours la forme d’une grève perlée ou si le mouvement se radicalisera.

Cette adaptation de la direction se manifeste dans les faits par l’affectation de cadres de l’entreprise à certains postes clés largement impactés par la grève : contrôle, conduite, aiguillage. Ainsi, la SNCF continue à assurer un service minimal malgré la forte mobilisation cheminote. Cependant, cette réquisition des cadres – qui, rappelons-le, sont volontaires et obtiennent une prime pour cette mission – empiète largement sur les règles de sécurité, ces dernier-ères suivant seulement de très courtes formations pour assurer les missions habituelles des grévistes : seulement quelques heures de formation pour le contrôle contre 6 mois pour les cheminot-es par exemple. On peut imaginer le même schéma pour l’aiguillage qui nécessite habituellement des mois de formation. Pour conduire les trains, il y une réquisition d’ancien-nes conducteur-rices monté-es en grade – mais qui ont de fait perdu leurs réflexes, notamment en matière de sécurité. Une belle illustration de l’intérêt du statut pour garantir la sécurité des usager-ères, comme en parlent régulièrement les syndicats dans les médias pour défendre le statut cheminot.

Intervention policière sur l’occupation du campus Paul Valéry à Montpellier qui était … vide

« Ridicule » est bien le mot qui correspond à l’intervention policière entreprise ce matin pour déloger l’occupation du campus montpelliérain4 depuis plusieurs semaines, comme l’a mentionné le syndicat Solidaires étudiant-e-s Montpellier sur son compte twitter. Le comité de mobilisation  avait pourtant annoncé publiquement que les étudiant-es en lutte ne seraient pas présent-es ce jour-là. Une nouvelle preuve d’amateurisme de la présidence de l’université (dont on ne doutait plus après les événements successifs à Montpellier). Finalement, la motivation originale de l’intervention est détournée vers un inventaire des importants »dégâts » – chiffrés par l’université à hauteur de 300 000€ – occasionnés par l’occupation comme prétend illustrer une vidéo de France Bleu Hérault. Deux questions nous viennent alors à l’esprit : premièrement, que faisait la police sur les lieux si l’objectif du jour était seulement un inventaire matériel ? Et deuxièmement, comment l’administration arrive-t-elle à cette estimation de 300 000 euros de « dégradations » ?

La question des dégradations lors des occupations

Sur la vidéo de France Bleu de l’occupation à Montpellier, on constate seulement des tags et du mobilier légèrement endommagé (souvent seulement déplacé). Or, les tags témoignent juste d’une réappropriation des lieux par les occupant-es, mais un simple coup de peinture (ou 2, nous ne sommes pas à une couche de peinture près) les fera disparaître et le mobilier universitaire est souvent dégradé dans les conditions normales d’études, imputer leur état aux occupant-es de la fac apparaît ainsi parfaitement malhonnête. Cette stratégie de diabolisation des étudiant-es mobilisé-es est avant tout médiatique et est fréquemment utilisée par les administrations des universités, comme à Tolbiac où l’université estime les dégâts de l’occupation à 800 000 euros alors que seuls quelques tags sont visibles sur les différentes sources à l’intérieur du bâtiment. Dans le même temps, la très bonne organisation de l’occupation de Tolbiac était relayée sur sa page twitter, contrastant avec les images supposant un bazar dans l’occupation. Notons également que les dégradations des CRS lors de leur intervention à Tolbiac ne sont jamais mentionnées dans le chiffrage des dégâts. L’état des locaux de Tolbiac en temps normal est également occulté alors que des travaux conséquents sont nécessaires pour réhabiliter le site (désamiantage, réparation des fenêtres, etc …).5 6 Cette stratégie accompagne parfaitement le discours complotiste de l’exécutif qui prétend que la mobilisation étudiante est absolument noyautée par des individus violents extérieurs à la communauté étudiante.

  1. https://solidaires.org/Assurance-chomage-un-projet-de-loi-contre-les-chomeurs-et-les-chomeuses
  2. https://twitter.com/Fede_SUD_Rail/status/988436588194684929
  3. https://www.bastamag.net/Greve-a-la-SNCF-Le-rapport-de-forces-est-installe-mais-la-direction-est-en
  4. https://www.francebleu.fr/infos/societe/intervention-de-la-police-sur-le-campus-paul-valery-de-montpellier-1524462868
  5. https://www.20minutes.fr/paris/1623831-20150604-paris-centre-universitaire-tolbiac-va-faire-desamianter
  6. Regroupement de photos d’universités dégradées : https://universiteenruines.tumblr.com/

2 Comments on “Journal de lutte, 23 avril 2018”

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