Journal de lutte, 25 avril 2018

Ça chauffe dans les filiales de la SNCF

La salarié-es de Geodis, filiale du groupe SNCF, étaient en grève hier. Iels ont manifesté devant l’entrée du site de Gennevilliers sans toutefois en bloquer l’accès.1 Les grévistes dénoncent le « harcèlement syndical » de la direction qui s’abat sur elleux suite aux convocations en entretien hiérarchiques de plusieurs syndicalistes motivé-es suite aux actions organisées. Celles-ci avaient pour but de revendiquer la titularisation de 30 des 130 intérimaires du site qui emploie près de 300 personnes au total. Les syndicats sont toutefois conciliants ne demandant pas la titularisation de tou-tes les intérimaires, ce qui braquerait immédiatement la direction. Partout, les hiérarchies tentent de verrouiller la contestation syndicale en réprimant autant que possible toute mobilisation des syndicalistes. Cette situation est intolérable et pourrait décourager de nouveaux-elles salarié-es de se syndiquer également, de peur des potentielles retombées.

Voici un exemple précis de ce qui attend les employé-es de la SNCF après le passage en société anonyme et l’ouverture à la concurrence : l’instauration de méthodes managériales issues du privé, qui cassent du sucre sur le dos des travailleur-ses et verrouille toute tentative de contestation.

ZAD de Notre-Dame des Landes: un retour à la normale ?

Ce matin, les quatre agriculteurs historiques présents sur le site ont pu signer une convention d’occupation précaire qui leur permet de rester jusqu’en fin 2018. Cette période devrait, selon la préfecture, permettre de rentrer dans un processus de régularisation. Ces intentions sont-elles sincères ? Il sera difficile de le vérifier avant la fin de l’année; si c’est le cas, alors la démonstration de force ayant eu lieu au début du mois aura été un beau gâchis d’argent, et à seule fin de satisfaire les aigreurs des partisans de l’aéroport, qui n’ont pas boudé leur plaisir de voir les zadistes se faire violenter pendant plus de deux semaines.

Dans le cas où le gouvernement ne compte pas tenir ses promesses – et il est fort possible que le défilé de bureaucrates et d’experts techniques de tout poil qui va prendre place dans les mois suivants lui apporte toutes les justifications possibles – ce ne serait pas tellement une surprise. Car l’idée de la négociation permet de briser l’élan de solidarité et d’auto-organisation que l’attaque de la zone avait relancé.

Une victoire pour les salariés de VentePrivée.com

Voici le communiqué de presse suivant la lutte des salariés de VentePrivée.com : une courte grève a forcé la direction à multiplier la prime de 200 euros par plus de 4, et a garanti une revalorisation des salaires de plus de 2%. L’entreprise avait vu son chiffre d’affaire exploser sans que y associer les salariés;

communiqué de presse CGT venteprivée.com

Les postiers d’Arles et de certains arrondissement de Marseille continuent la lutte

Bien que le travail reprenne dans les bureaux de postes impactés dans la région, le retour à la normale n’est pas prévu avant la fin de semaine. Les revendications portent sur la position du temps de travail dans la journée, normalement prévu tôt le matin, et se déplaçant vers l’après-midi. Or ce mode de travail est beaucoup choisi pour ceux qui ont besoin d’être disponible dans l’après-midi, et qui ont organisé leur vie privée de cette façon.

Ces transformations du rapport courrier/colis sont dues à la montée en puissance des achats par internet, et notamment d’Amazon. Les impacts des transformations rapides frappent les salariés de plein fouet: cela commence à l’entrepôt Amazon où de nombreux salariés sont sous-payés pour un travail peu qualifié mais surtout très mécanique, avec un management très dur. Les libraires et leurs salariés sont aussi touchés; enfin le bout de chaîne, la livraison, en fait les frais, comme à la Poste, car le géant américain fait jouer la concurrence à son profit en tirant sans cesse les prix à la baisse.

Interventions policières ce matin sur les campus de Nancy et de Metz

Ce matin, aux alentours de 8h30, les étudiant-e-s de l’Université de Lorraine ont reçu un courrier électronique de la part de Pierre Mutzenhardt, le Président de l’Université de Lorraine, leur annonçant que des interventions policières avaient été menées un peu plus tôt dans la matinée sur les campus de lettres et sciences humaines de Nancy et de Metz.
En effet, le campus LSH de Nancy était bloqué depuis le 22 mars par les étudiant-e-s en lutte afin de contester  la décision de l’Assemblée concernant la loi Vidal (qui prévoit, entre autres, dès la rentrée 2018 une sélection à l’entrée de l’Université pour les néo-bachelier-e-s).  Ce même campus était occupé jour et nuit par une vingtaine d’étudiant-e-s en lutte depuis quelques semaines et c’est ce matin que Pierre Mutzenhardt a décidé de mettre un terme à cette occupation, aidé par une poignée de CRS.
Le campus de Metz, quant à lui, était occupé par quelques étudiant-e-s semble-t-il mais la mobilisation y était plus ténue qu’à Nancy.

L’évacuation des deux campus a eu lieu à l’aube, aux alentours de 6 heures du matin, Pierre Mutzenhardt assure par ailleurs dans son courrier que les deux opérations se sont déroulées « dans le calme et sans violence ». Deux arrestations ont cependant eu lieu à Nancy : un étudiant a été emmené au poste pour un contrôle d’identité et un second a été placé en garde à vue pour « rébellion » (toujours selon les termes du Président de l’UL), il aurait été libéré dans l’après-midi selon la page Twitter des étudiant-e-s en lutte de Nancy (@BlocageN). A Metz, aucune arrestation n’est à signaler, les occupant-e-s ont « quitté les lieux de leur propre volonté« .  M. Mutzenhardt indique en outre dans son courrier que les deux sites ont été placé sous surveillance 24h sur 24 et qu’ils sont, jusqu’à nouvel ordre, fermés au public.
Le Président de l’UL a tenu à justifier son recours aux forces de l’ordre en cinq points :
– Pour permettre « la tenue des examens dans un calendrier qui ne pénalise pas les étudiants ».
– Afin de « limiter les violences entre étudiants » car cette situation de blocage (dont le Président nous rappelle l’illégalité en nous renvoyant au Code de l’éducation) ne faisait qu’accroître « les tensions ».
– Car les occupant-e-s ont voulu « prendre le contrôle des bâtiments publics et imposer leur loi à tous » et que, toujours selon le Président, « l’entrave à la réalisation de [leurs] missions de service public est contraire à la loi ».
– Pour lutter contre « des partis et des organisations syndicales » qui « s’emparent de nos espaces de travail et d’études pour en faire une tribune médiatique, au mépris de l’institution universitaire ». Le Président précise par la suite que lesdits syndicats et lesdits partis servent « des intérêts qui ne sont pas ceux de [leurs] étudiants ».
– Enfin, l’ultime justification de cette intervention concerne la sécurité des occupant-e-s : « l’occupation des locaux fait courir un risque aux occupants, les lieux n’ayant jamais été prévus pour un hébergement », tandis que l’intervention des forces de l’ordre, elle, ne fait jamais courir un quelconque risque aux étudiant-e-s, jamais.

Ils parlent de nous

Le site de la Tendance Claire du NPA a publié une brève nous concernant;

Jean-Marc B. tient un blog sur Mediapart et nous a mentionné dans sa revue de presse quotidienne, dont voici quelques exemplaires: Pour le 25 avril, le 24 avril, et pour le 23 avril.

 

  1. http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/gennevilliers-ca-chauffe-chez-geodis-06-03-2018-7593894.php#xtor=AD-1481423554

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