Journal de lutte, 30 avril 2018

Expulsion de la Commune de Censier

Ce matin, les forces de l’ordre ont évacué le site de Censier de l’université Paris 3, occupé depuis près de 3 semaines par les étudiant-es en lutte contre le Plan Etudiant. Une cinquantaine de camarades étaient présent-es sur les lieux lors de l’intervention, tou-tes fiché-es selon leur communiqué. Cette occupation était l’un des foyers de la mobilisation étudiante parisienne avec les occupations de Paris 8 et Nanterre. Censier devait accueillir aujourd’hui l’AG de Commune Libre de Tolbiac alors que cette dernière a été violemment évacuée la semaine dernière par les forces de l’ordre. Le mode opératoire était d’ailleurs le même qu’à Tolbiac, l’expulsion de Censier ayant eu lieu entre 4h30 et 5h30. L’exécutif cherche ainsi à tuer la mobilisation étudiante en étouffant toute la contestation qui en ressort. Un rassemblement de soutien à la Commune de Censier a eu lieu aujourd’hui à 18h.1

Le directeur du master Audiovisuel et Cinéma de Paris 3, Alexis Blanchet, s’est déclaré en grève administrative et pédagogique illimitée suite à l’évacuation de ce matin, en abandonnant ses fonctions éducatives et administratives au sein de l’établissement.2

La semaine qui débute s’annonce chargée en mobilisation avec le 1er mai dès demain, puis la journée nationale de mobilisation des cheminot-es ce jeudi 3 mai puis la « Fête à Macron » le samedi 5 mai. L’occupation n’est donc plus d’actualité mais le mouvement est loin de s’essouffler et la répression policière ne l’éteindra pas !

Blocages reconduits au Mirail et à Rennes 2

Ces deux campus largement mobilisés depuis le début du mouvement ont prolongé les blocages lors de deux Assemblées Générales massives de respectivement 800 personnes et 2000 personnes – malgré la pluie, obligeant ainsi nos camarades rennais-es à faire une AG en intérieur).3

EHESS occupée !

L’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales est de nouveau occupée depuis aujourd’hui comme l’a décidé l’AG.4 Cette occupation a été décidée suite aux récentes expulsions policières de plusieurs facs parisiennes occupées depuis quelques semaines, comme Tolbiac ou Censier, mais aussi à Metz et Nancy.

Début de mobilisation des travailleur-ses de la culture

200 technicien-nes, personnels administratifs, intellectuel-les, écrivain-es, etc … appellent à une mobilisation dans le secteur de la culture contre « la brutale mise au pas de nos vies par l’entreprise macroniste » dans une tribune publiée sur Mediapart. Un appel est lancé pour une solidarité envers les étudiant-es, cheminot-es, postier-ères et autres travailleur-ses en lutte contre le gouvernement et ses réformes destructrices. Plus précisement, iels dénoncent une « diktat de l’économie » qui induit le « démantèlement des formes de solidarité que des anciennes luttes avaient permis d’instaurer », caractérisant même l’action du gouvernement de « blitzkrieg » pour dénoncer la rapidité avec laquelle l’exécutif s’atèle à détruire tout notre modèle social. La culture consiste à « imaginer collectivement le monde », mais cette capacité est peu à peu mise au pas dans un ballet de lacrymogènes, de matraques et de grenades de désencerclement. La tribune affirme donc son soutien aux différentes luttes en cours, concernant les travailleur-ses mais également les bénévoles des associations d’aide aux exilé-es, mentionné-es dans le texte. Une première rencontre est prévue aujourd’hui à La Commune à 19h 2, rue Edouard Poisson à Aubervilliers (93).

Disparition des CIO

La nouvelle réforme de la formation professionnelle prévoit la fermeture des Centres d’Information et d’Orientation – CIO – qui s’ajoute à la marchandisation du secteur. Ainsi seront supprimés : les délégations régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et professions – ONISEP – dont la mission et le personnel seront désormais confiés aux régions mais surtout les CIO dont les psychologues seront ainsi réaffecté-es au rectorat. Ces mesures sont à l’opposé des revendications des syndicats du secteur et pour cause : elles renforceront les inégalités sociales car elles favoriseront les plus privilégié-es comme l’explique Jean-Yves Rochex – psychologue et professeur des sciences de l’éducation à l’université Paris 8 dans une tribune parue ce jour dans le journal Le Monde. Ces dispositions, associées aux autres réformes de l’enseignement secondaire et supérieur, s’inscrivent dans un projet d’individualisation de la formation en transformant chaque élève/étudiant-e en un-e client-e lâché dans le marché de l’éducation. Les plus démuni-es seront les grand-es perdant-es de cette marchandisation de la formation car elle est pensée en dehors de tous les déterminismes qui pèsent sur notre société. Ce glissement progressif vers une éducation privée s’inscrit plus généralement dans le projet libéral du gouvernement, déjà illustré par ses autres réformes d’envergure, déjà votées au Parlement ou encore en préparation.

  1. https://www.facebook.com/events/2251156488445104/
  2. http://abonnes.lemonde.fr/campus/article/2018/04/30/mouvement-etudiant-le-site-de-censier-evacue-par-la-police_5292614_4401467.html
  3. https://tendanceclaire.org/breve.php?id=28054
  4. https://twitter.com/Khraapo/status/991000907960803329

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