Journal de lutte, 2 mai 2018

200 000 manifestant-es dans la rue pour le 1er mai

Hier, près de 200 000 personnes ont défilé dans les rues partout en France à l’occasion du 1er mai. La répression fut une nouvelle fois rude, notamment à Rennes1 2 et à Paris3, où les événements ont déjà été largement traités sur les réseaux sociaux et dans les médias, laissant libre-cours aux déferlements de haine absurdes auxquels nous devrions être habitué-es. La tentative médiatique de marginaliser nos camarades les plus radicaux-ales en les catégorisant comme des perturbateur-rices est d’autant plus détestable qu’elle est soutenue par certain-es dirigeant-es d’organisations habituellement de notre côté. Rappelons-nous bien l’origine de la journée du 1er mai et son histoire pour empêcher d’ambitieux-ses politicien-nes de la récupérer. Soutien aux centaines de camarades interpellé-es hier.

La CFDT toujours jaunissante

La CFDT ne fait évidemment pas partie de ses organisations qui se désolidarisent à la moindre vitrine de banque cassée car elle est souvent au garde à vous derrière le pouvoir. Dans une interview à France Info, la numéro 2 de la CFDT , la secrétaire générale adjointe Véronique Descacq, a ainsi critiqué la violence des black blocs qui témoignerait de la jonction des deux extrêmes, rien que ça. Passons sur ce point pour se rendre directement à des choses plus concrètes, notamment sur le caractère résolument réformiste de la CFDT. Les 4 syndicats principaux de la SNCF marchant main dans la main contre la réforme du rail, il faut composer avec les « jaunes » de la CFDT. Elle a donc rappelé les conditions de la CFDT pour lever la grève à la SNCF, ne critiquant pas ouvertement la casse du service publique, pourtant pierre angulaire du projet, vectrice des autres dégradations, notamment des conditions de travail des cheminot-es et autres salarié-es du rail. De leur côté, la CGT et SUD Rail appellent toujours à un retrait total du projet. Véronique Descacq a également fustigé l’opposition globale au gouvernement de la CGT (et on peut supposer qu’elle n’en pense pas moins de SUD ou de la CNT) tandis que la CFDT respecterait quant à elle la « démocratie politique » grâce à laquelle il serait possible de négocier avec le gouvernement.

Blocage reconduit à Nanterre

Malgré le contexte tendu autour de la mobilisation étudiante avec plusieurs expulsions d’occupations de facs, l’AG de Nanterre – comptant près de 2000 participant-es – a reconduit le blocage du campus alors que la fac rouvrait aujourd’hui, après les vacances. Le mouvement à Nanterre a donc survécu aux vacances qui portent souvent un coup aux mobilisations étudiantes, largement dépeuplées durant ces périodes de congés. Notons d’ailleurs l’écrasant victoire du oui pour la reconduction du blocage à Nanterre avec près de 1441 voix pour et seulement 351 voix contre.4

Macron fait un nouveau cadeau aux plus riches

On avait eu la suppression de l’ISF qui profitait déjà aux plus fortunés, mais Macron a décidé de les gâter avec un nouveau cadeau : la suppression de l’exit tax.5 Cette taxe – créée par Sarkozy, quelle ironie – avait pour objectif de lutter contre l’évasion fiscale et notamment l’exil fiscal – quand des contribuables déménagent leur domicile fiscal à l’étranger. Cette taxe s’appliquait aux détenteur-rices d’un patrimoine supérieur à 800 000€ ou de plus de la moitié du capital d’une entreprise. Une nouvelle preuve que le libéralisme s’oppose à la liberté de tou-tes pour privilégier la liberté de quelques-uns, et Macron le dit lui-même : « Les gens sont libres d’investir comme ils le souhaitent ». Seuls les investisseurs – les riches – ont accès à cette liberté.  Il a ensuite utilisé une métaphore : « Je crois que si vous voulez vous marier, vous ne devez pas avoir à expliquer à votre conjoint : ‘Si tu m’épouses, alors tu ne pourras jamais divorcer.’ Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure manière d’être avec quelqu’un que l’on aime. Alors je suis pour que l’on soit libre de se marier, mais aussi de divorcer. ». Cette image à pour objectif de nous rapprocher de sa décision avec une situation à laquelle nous pourrions tou-tes être confronté-es. Mais cela ne saurait occulter à quel point cette mesure a pour seul objectif de bénéficier fiscalement aux plus riches. Ajoutons également à la critique de cette odieuse métaphore que notre société patriarcale produit régulièrement des situations comme celle qu’il a utilisé, dans lesquelles des maris manipulateurs et violents menacent leurs compagnes pour les empêcher de les quitter. Ainsi, présenter les investisseurs soumis à des taxes (pas très élevées d’ailleurs) comme persécutés en comparant notamment leur situation à un schéma récurrent de violences conjugales est absolument indécent, mais Macron n’en est pas à son coup d’essai.

  1. https://twitter.com/SESLRENNES/status/991350937141825538
  2. https://www.facebook.com/AG.Rennes2/videos
  3. https://paris-luttes.info/suivi-de-la-manifestation-du-1er-10121
  4. http://www.revolutionpermanente.fr/Nanterre-contre-la-selection-1-500-etudiants-en-assemblee-generale
  5. https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/emmanuel-macron-veut-supprimer-une-taxe-creee-pour-lutter-contre-l-evasion-fiscale_2733213.html

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