Journal de lutte, 6 mai 2018

5 mai : des manifestations dans toute la France

Avec comme d’habitude, des batailles pittoresques sur le nombre de participants (du simple au quadruple, en 40 000 et 160 000 personnes à Paris), difficile de savoir si la manifestation « La Fête à Macron », à l’appel notamment du député FI Ruffin, a été un raz-de-marée ou un simple succès, mais l’issue est globalement positive, comme l’image « bon enfant et festive » qu’elle a renvoyé.

Un peu trop positive, peut-être – au final, une manifestation pacifique ne dit pas grand chose sur la colère des gens, ou du moins ne dit pas tout. Il y a eu de nombreuses réactions, de part et d’autre. Pour une misérable marionnette de Macron, ses partisans ont dénoncé une pendaison symbolique emplie de haine et de violence: ce qui a fait dire que vous aurez beau vous montrer sage et modéré, il y aura toujours quelqu’un pour vous faire les pires procès d’intention.

Bien sur, on peut déplorer le fait que la manifestation s’est faite à l’appel de la France Insoumise, et que celle-ci en a profité pour en faire une tribune. On peut aussi regretter l’organisation en week-end, qui n’a pas nécessité de mouvement de grève ni blocage réel ou même partiel de l’économie.

Même si ce moment de protestation était tranquille, chaque petit peu compte. Tout d’abord la manifestation a quand même mobilisé des milliers de CRS dans toute la France, autant qui n’étaient pas disponibles pour taper sur des migrants à Calais, pour expulser des zadistes à Notre-Dame des Landes. Elle a aussi rassemblé des milliers de personnes et a sans doute contribué à redonner du courage à certains qui n’osaient plus aller dans la rue.

Les organisateurs ont donné rendez-vous pour le 26 mai. Pourquoi attendre si longtemps ? La question reste ouverte. Cette immense réunion publique aurait pu donner lieu à une auto-organisation, à des résolutions locales, dans bien des perspectives.

La coordination nationale des universités appelle à la grève illimitée

La CNU, réunie à Paris le 5 mai, a publié un appel au retrait de la loi ORE, consultable en ligne sur le blog de Jean-Marc B et sur Twitter:

La CNE se termine sur un appel à continuer les actions

Petite aide de l’@UEToulouse sur le coup:

CNE = Coordination Nationale Étudiante; CNU = Coordination Nationale Universitaire (enseignant·e·s-chercheur·se·s et BIATSS) La première CNU à eu lieu ce week-end parallèlement à la cinquième CNE.

Le soutien aux cheminots remonte

Plusieurs sources ont commenté un sondage qui montre que le support des français à la lutte des cheminots remonte1 en soulignant qu’il restait minoritaire à 44% – outre que le chiffre, qui a varié de 41 à 47%, n’est pas de plus fiable, il coïncide avec celui  de la popularité de Macron; c’est amusant de voir les médias trouver ce même chiffre de 44% extrêmement positif quand il s’agit de supporter le président.

Le soutien se construit: en montrant leur détermination au fil des jours, les cheminots continuent de mener la bataille de l’opinion.

Air France affiche des bénéfices… mais refuse de les partager

La société touchée par un mouvement de grève des salariés, qui a conduit à la démission de son PDG suite à un referendum d’entreprise défavorable à ses propositions, vient d’annoncer un résultat d’exploitation de près de 1,5 milliard d’euros2, en hausse de plus de 41% – mais pas suffisants pour accorder des augmentations à des salaires bloqués depuis quatre ans. Sans doute attendent-il de perdre à nouveau de l’argent pour expliquer qu’il n’y en a pas assez ?

La grève des salariés de Vélib’ attaquée au tribunal

Drôle de conception du dialogue social chez Vélib’, le marché de vélo parisien qui a changé de main en 2017: les salariés en grève sont attaqués en justice par la société Smovengo.

Les salariés de l’hôpital de Decazeville en grève illimitée

Suite à la casse de l’hôpital organisée par l’Autorité de Régulation de la Santé (ARS) qui accorde de moins en moins de budget à cet établissement de l’Aveyron, les salariés ont décidé rentrer en grève illimitée3. La crise n’est pas récente: depuis la fermeture de la maternité, 5 enfants ont du naître aux urgences avant d’être évacués vers Purpan (Toulouse)4.

  1. https://www.lejdd.fr/politique/sncf-le-soutien-a-la-greve-remonte-mais-reste-minoritaire-3644315
  2. https://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/benefice-d-exploitation-record-air-france-klm-768833.html
  3. https://www.ladepeche.fr/article/2018/05/02/2790421-les-salaries-de-l-hopital-de-decazeville-en-greve-illimitee.html
  4. https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/10/2777467-encore-un-bebe-ne-aux-urgences-de-decazeville.html